Examen VTC : épreuves, inscription et préparation

L’examen VTC conditionne l’accès à la carte professionnelle de conducteur de voiture de transport avec chauffeur. Les chambres de métiers et de l’artisanat l’organisent en deux phases : sept épreuves écrites d’admissibilité, puis une épreuve pratique d’admission en circulation. Aucune formation préalable n’est obligatoire et l’inscription s’effectue en ligne.
Deux phases pour un seul titre
La loi du 29 décembre 2016 relative à la régulation, à la responsabilisation et à la simplification dans le secteur du transport public particulier de personnes, dite loi Grandguillaume, a confié au réseau des chambres de métiers et de l’artisanat la mission d’organiser les examens d’accès aux professions de conducteur de taxi, de voiture de transport avec chauffeur et de véhicule motorisé à deux ou trois roues. Les chambres tiennent les sessions depuis 2017.
Le déroulé ne varie pas selon les régions. Une phase écrite mesure d’abord les connaissances théoriques, du cadre juridique de l’activité à la sécurité routière. Une phase pratique évalue ensuite la conduite et la relation avec le passager, sur un parcours réel. La seconde n’est accessible qu’aux candidats déclarés admissibles à l’issue de la première.
Programme, coefficients et seuils de réussite sont fixés par arrêté, donc identiques d’une région à l’autre. Seule l’organisation matérielle change : centres d’examen, calendrier local, référents chargés du suivi des dossiers.
L’attestation remise par la chambre au terme du parcours ne vaut pas autorisation d’exercer. Elle ouvre la demande de carte professionnelle, qui relève de l’administration préfectorale, puis, pour celui qui exploite à son compte, l’inscription de l’entreprise au registre national. Les obligations qui découlent de cette double formalité sont détaillées dans la rubrique consacrée à la réglementation du transport avec chauffeur.
Les conditions et le dossier d’inscription
Trois conditions encadrent l’entrée dans la profession. Le permis de conduire de catégorie B doit être sorti de la période probatoire, d’une durée de trois ans, ramenée à deux ans après un apprentissage anticipé de la conduite. Un permis délivré hors de l’Union européenne et reconnu en France doit avoir au moins trois ans.
Le bulletin numéro 2 du casier judiciaire ne doit comporter aucune des condamnations qui ferment l’accès au métier : délit entraînant le retrait de la moitié des points du permis, conduite sans permis ou malgré une annulation, peine criminelle ou peine correctionnelle d’au moins six mois d’emprisonnement pour vol, escroquerie, atteinte volontaire à l’intégrité de la personne ou infraction à la législation sur les stupéfiants. Un contrôle médical, réalisé par un médecin agréé et non par le médecin traitant, complète ces vérifications.
Le dossier déposé en ligne au moment de l’inscription à l’examen VTC réunit des pièces simples, à condition de les préparer à l’avance :
- un scan recto verso d’une carte nationale d’identité ou d’un passeport en cours de validité, l’attestation de perte ou de vol étant refusée ;
- une photocopie recto verso du permis de conduire, en bon état et non déchiré ;
- un justificatif de domicile ou d’hébergement de moins de trois mois ;
- une photographie d’identité récente, nette et sans pliure ;
- la signature du candidat apposée sur une feuille blanche ;
- pour les ressortissants d’un État non membre de l’Union européenne, un titre autorisant l’exercice d’une activité professionnelle.
Depuis novembre 2025, les inscriptions aux examens du transport public particulier de personnes sont centralisées sur un portail national unique du réseau des chambres, qui a remplacé l’ancienne plateforme. Le dossier est examiné par un référent départemental, et seule une candidature complète et payée avant la date de clôture est positionnée sur la session suivante.
Côté frais, l’article 3 de l’arrêté du 6 avril 2017 fixant les montants des droits d’inscription prévoit une réévaluation au 1er janvier de chaque année, calée sur l’évolution du plafond de la sécurité sociale, avec arrondi à l’euro supérieur. La fiche Entreprendre Service Public « Devenir chauffeur de VTC », vérifiée le 1er janvier 2026, situe le coût de l’inscription aux alentours de 200 euros, payable en ligne.

Les sept épreuves d’admissibilité
La phase écrite combine questions à choix multiples et questions à réponses courtes. Cinq épreuves sont communes aux candidats taxi et aux candidats VTC, deux autres sont propres à l’activité de voiture de transport avec chauffeur. Chacune est notée sur 20 points, avec une durée, un coefficient et un seuil éliminatoire fixés par l’arrêté du 6 avril 2017 relatif aux programmes et à l’évaluation des épreuves.
| Épreuve d’admissibilité | Durée | Coefficient | Note éliminatoire |
|---|---|---|---|
| Réglementation du transport public particulier de personnes | 45 min | 3 | moins de 6/20 |
| Gestion | 45 min | 2 | moins de 6/20 |
| Sécurité routière | 30 min | 3 | moins de 6/20 |
| Expression et compréhension en français | 30 min | 2 | moins de 6/20 |
| Expression et compréhension en anglais | 30 min | 1 | moins de 4/20 |
| Développement commercial et gestion propre à l’activité VTC | 30 min | 3 | moins de 6/20 |
| Réglementation nationale spécifique à l’activité VTC | 20 min | 3 | moins de 6/20 |
Deux conditions cumulatives ouvrent l’admissibilité : une moyenne d’au moins 10 sur 20 sur l’ensemble des épreuves pondérées par leurs coefficients, et aucune note éliminatoire. Un excellent total ne rattrape donc pas un 5 sur 20 isolé en gestion.
Le programme a évolué avec l’arrêté du 20 mars 2024, entré en vigueur le 1er avril 2024 : des questions portant sur la lutte contre les discriminations et sur les violences sexistes et sexuelles peuvent figurer dans l’épreuve de réglementation, dont la durée reste inchangée. Les deux épreuves spécifiques concentrent ce qui distingue l’activité au quotidien, de la prospection à la facturation. Les mécanismes de prix travaillés dans ce bloc, vus depuis le siège du passager, sont détaillés dans la rubrique tarifs et estimation d’une course.
L’épreuve pratique d’admission

Une session d’admission suit chaque session d’admissibilité, dans un délai maximal de deux mois après la publication des résultats écrits. La convocation précise le centre d’examen. Le candidat se présente avec un véhicule assuré, à quatre portières, équipé de doubles commandes et d’un système de navigation.
L’épreuve d’admission comprend une phase de conduite en circulation d’une durée minimale de vingt minutes, notée sur 20 points. La barre est haute : une note d’au moins 12 sur 20 est exigée pour être déclaré admis, là où la phase écrite se joue sur une moyenne de 10. Ces vingt minutes forment un plancher, pas un format figé, la durée réelle dépendant du parcours confié au candidat.
L’évaluation ne se limite pas au maniement du véhicule. Le candidat prépare son parcours, anticipe les difficultés de circulation et sécurise le trajet. L’examinateur apprécie ensuite la connaissance du territoire parcouru, dans ses dimensions géographique, culturelle et touristique, puis la capacité à accueillir un client. Conduite souple, propreté, ponctualité et courtoisie pèsent autant que la trajectoire.
Échec, nouvelles présentations et durée de validité
Un échec aux écrits impose de repasser l’intégralité des épreuves d’admissibilité lors d’une session ultérieure, avec un nouveau droit d’inscription. Aucune note n’est conservée d’une session à l’autre dans ce cas.
Un échec à la conduite obéit à une logique différente. L’admissibilité reste acquise et le candidat dispose de trois présentations au total à l’épreuve pratique, dans un délai d’un an à compter de la publication des résultats écrits. Passé ce délai, le compteur repart de zéro et les sept épreuves théoriques sont à repasser.
Deux réflexes limitent la casse. Le premier consiste à prévenir sans attendre le référent départemental de la chambre, qui organise une nouvelle session d’admission selon la demande. Le second consiste à traiter la reprise comme un examen entier, et non comme une formalité : un parcours raté pour cause de préparation d’itinéraire bâclée se rejoue dans les mêmes conditions.
La mobilité professionnelle suit sa propre règle. Un conducteur de taxi qui bascule vers l’activité de voiture de transport avec chauffeur, ou l’inverse, échappe aux épreuves communes et se concentre sur les épreuves spécifiques de sa nouvelle activité. Cette passerelle exige une attestation d’admissibilité de moins de trois ans, faute de quoi le parcours complet redevient la règle.
Préparer l’examen VTC : formation encadrée ou candidat libre

La formation reste facultative. Entreprendre Service Public la présente comme fortement recommandée et situe sa durée entre 50 et 300 heures environ, selon le centre et la formule retenue. Les listes de centres agréés sont tenues par les chambres de métiers et de l’artisanat et par les préfectures, et le compte personnel de formation peut être mobilisé pour financer le parcours.
La voie du candidat libre reste ouverte à tous. Elle suppose une discipline réelle : programme officiel sous les yeux, annales corrigées publiées par le réseau des chambres, révisions étalées sur plusieurs semaines plutôt que concentrées la veille. Le bloc réglementaire, affecté d’un coefficient 3, mérite le plus de temps, car il mobilise des textes précis plutôt qu’un raisonnement général.
Le calendrier se consulte en amont. Le réseau publie les sessions d’admissibilité pour l’année, et chaque chambre de métiers arrête une date limite d’inscription, fixée plusieurs semaines avant l’épreuve. Un dossier validé après cette échéance bascule sur la session suivante, ce qui repousse d’autant l’entrée dans le métier.
Les erreurs qui coûtent le plus de points
L’anglais est le piège classique. Son coefficient 1 laisse croire à une épreuve accessoire, alors qu’une note inférieure à 4 sur 20 élimine le candidat quelle que soit sa moyenne générale. Quelques heures de révision ciblée sur le vocabulaire du transport et de l’accueil suffisent pourtant à franchir ce seuil.
La gestion souffre du même travers, chez des candidats venus d’autres secteurs qui la découvrent à l’inscription. La sécurité routière, coefficient 3, se travaille à partir du code de la route et non de l’expérience de conduite personnelle. Quant à la phase pratique, elle se prépare en roulant sur le secteur de l’examen, aux heures où la circulation ressemble à celle du jour J.
Après la réussite : la carte professionnelle
La chambre délivre une attestation de réussite. La demande de carte professionnelle s’effectue ensuite en ligne, sur dossier, et le titre obtenu vaut cinq ans avant renouvellement. Les autres étapes de l’installation, du statut juridique aux relations avec les intermédiaires, sont traitées dans la rubrique dédiée au métier de chauffeur VTC.
Prochaine étape pour un candidat décidé : vérifier la sortie de période probatoire du permis, réunir les pièces du dossier, puis viser une session d’admissibilité laissant au moins deux mois de révisions.